Brèves et Aphorismes
> castor : Ok, ça roule, mon prochain viaduc est pris aussi.
> Kabotine : hééé pourquoi ca a foncé comme ca ici ? on voit plus rien ! et ca fait mal aux yeux...
> brigetjones30 : Ce qu'il est en deuil notre cher Castor. Et je réspecte son deuil.Même s'il dure.Kbo, il a attenué les couleurs...
> Kabotine : Oui, je sais qu'il est en deuil, mais le site c'était éclairi, puis a refoncé, d'où ma question...
> brigetjones30 : Bah, bientôt nous n'y verrons plus rien, il va disparaître.Snif .
> castor : Disparaître? Euh, c'est quoi ce truc là?
> castor : Je n'ai pas l'intention de disparaître, et mon texte non plus
> castor : Mais j'ai pas d'idées en ce moment.
> stupidchick : quand est-ce que tu vas ENFIN écrire dans la rubrique Molière et Steinbeck?
> castor : Stupidchick: Ah, pas con.
> Blouse-Meta : On décide quoi, alors??
> sarah-k : Je me demande pourquoi, j'ai le pseudo de Blouse-Méta ???
Samedi??
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Lancer de mots
Jordi commençait à se dire qu'une randonnée sans pause n'était pas une randonnée, surtout lorsque l'heure se faisait tardive et que le pain dans son sac à dos réclamait d'être découpé en rondelles, tartiné de pâté de sanglier, rehaussé de saucisson, baigné dans le jus d'une tomate fraichement coupée, ombragé d'une tranche de salade, frotté d'ail, plusieurs réponses possibles ou même plus si affinités. Et comme Alain ne montrait pas signe de fatigue, il résolut de faire entendre ses desiderata:
"Alain? - Oui? - Si on mangeait, qu'en dis-tu? - C'est un peu tôt, non? - Pas tant que cela. Le soleil a atteint son zénith, il sera bientôt fatigué de tenir la position. - Le soleil oui, mais pas nous, et il ne serait pas de tradition de nous sustenter sans avoir atteint le point sommital de notre périple. Pour tout dire, manger avant serait prématuré. - Prématuré, mais agréable, à mon sens. - Et après, on aura plus de jus pour continuer. De pl..." Alain s'arrêta, imposant le silence d'un geste. Il se rapprocha de Jordi jusqu'à ce que leurs épaules se frôlent. D'un geste théâtral, il leva son bras en l'air, et l'abaissa en désignant un point dans la nature. Assise sur un tronc d'arbre, se tenait une petite créature, garnie d'une paire d'ailes et d'une chevelure abondante, en train de jouer avec une pomme de pin. Jordi en oublia son envie de saucissonner pour chercher frénétiquement son exemplaire de "faune elfique des bois et montagnes des massifs ampourdanais". Lorsqu'il eut réussi, Alain le moqua: "Cela me surprend toujours lorsque tu arrives à trouver quelque chose dans le pataquès que tu appelles des affaires rangées. - Cela fait belle lurette que je n'ai pas vu du petit peuple dans la forêt, on va pouvoir savoir quelle espèce c'est. - Je crois que celle-ci s'appelle un "ninet del piny" dans le dialecte local, mais je n'en suis pas sûr. - Alors: Type de vol : Ailes: page 25, lévitation: page 120, sans: page 164. - Ailé, c'est clair. - Voyons... vêtements... couvrants: page 26, diaphanes: page 45, filaires: page 67, aucun: page 80. - Euh, tu penses que c'est filaire, ça? - Je suppose. Apparence anthropomorphe oui, Système pileux humain... - Apparemment, elle ou il ne nous a toujours pas vu, c'est bon pour nous. - Bon, d'après la faune, ce pourrait être une fée elfique, ou alors une sylfide des chemins. Mais ils me demandent la forme des oreilles, et là c'est un peu loin pour voir. - Approche-toi alors, mais doucement, sinon tu vas lui faire peur. - D'accord. Tiens-moi cela", souffla Jordi en tendant sa faune. Il avança prudemment, en prenant garde à ne pas faire de bruit, tandis qu'Alain vérifiait les pages et les descriptions sélectionnées par son camarade. Jordi était calme et silencieux, mais ce n'était pas un chasseur, c'est à dire qu'il de mettait pas de grandes précautions sur sa discrétion. Si bien qu'à deux mètres de distance, il se fit repérer. "Oh! Bonjour, dit l'animalcule, lâchant sa pomme de pin sous l'effet de la surprise - Euh, bonjour, dit Jordi, un peu surpris lui aussi. C'est une belle journée, non? - Euh, oui, je suppose. Je ne sais pas trop ce qu'est une journée non belle, à vrai dire, et n'ai pas envie de le savoir, alors je ne sais pas si cette journée est belle ou moyenne ou très belle. - Ah, tu manques de point de comparaison. - Vous me regardez d'un drôle d'air. - Ah! Euh, c'est que je voulais voir la forme de tes oreilles. - Quelle drôle d'idée! Vous êtes un homme bizarre. - Euh, en fait, ce n'était pas pour tes oreilles en particulier. C'était pour répondre à une autre question - Et pourquoi vous ne me demandez pas? cela serait plus simple, et plus poli, non? - En fait, nous voudrions savoir si tu es une fée elfique, une sylphide, une petite ophédie, ou autre chose... - Quoi? Mais c'est quoi ce bazar? c'est quoi ces noms bizarres? Je ne suis pas une fée elfique ou je ne sais quoi, moi, je suis moi, et puis c'est tout! C'est quoi cette manie des grands de tout ranger? D'écrire de grand livres pour tout classer? Je hais les classifications, je hais les classificateurs! sous prétexte de vous classer, ils vous limitent, ils vous rognent, on sort de leurs pattes amoindri, mutilé, avec des moignons! Ne comptez pas sur moi pour vos questions à la con!" Sur ce, elle déploya ses ailes et s'envola. "Elle a son caractère" dit Alain. "Elle n'a pas tout à fait tort" euphémisma Jordi.
Ecrit par castor, le Mardi 6 Mai 2008, 21:08 dans la rubrique "Billets d'humeur".
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