Le retour de la guerre
Benjamin n'avait pas imaginé, lorsqu'il avait regardé Rambo pour la première fois, qu'il se retrouverait un jour dans la même situation: Vétéran dans une guerre dont la métropole n'avait pas toujours envie de parler, tourmenté par les mânes de ses compagnons morts au combat. Il s'était engagé en Afganistan en tant que parachutiste, sans savoir s'il cherchait la gloire, le combat ou la reconnaissance de son pays; il avait été déniaisé par la machine militaire d'abord, par la guerre ensuite. Les cadavres, les vrais, c'était quand même autre chose que les horreurs télévisuelles auxquelles il avait été préparé. Mais le pire avait été l'embuscade. En pleine nuit, dans une zone prétendument sécurisée, son véhicule de transport de troupes, un simple bus, avait été touché par une roquette, et s'était busquement couché. Heureusement, la carcasse avait pu servir aux survivants de barricade improvisée, leur permettant de tenir jusqu'à l'arrivée des renforts. Benjamin avait essayé, à son retour en Île-de-France, de retrouver une vie normale. Mais malgré tous ses efforts, il n'avait jamais pu reprendre le bus de nuit. A peine était-t-il assoupi que le moinde choc, la moindre lumière suspecte le retrouvait debout et hurlant, au grand dam des autres passagers terrorisés par cette démonstration de phobie post-traumatique. A tel point que le Stif lui avait officiellement demandé, pour ne par perturber leurs affaires, de ne plus jamais utiliser leurs services une fois la nuit tombée. Moralité: Le para Ben est un perturbateur dans l'Noctilien.
Ecrit par castor, le Samedi 24 Décembre 2011, 17:42 dans la rubrique "Billets d'humeur".
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